Nouvelles FAO > Agriculture & cultures

mardi 20 mai 2014

Nouvelles variétés de manioc mises au point par le CNRA

Le BOCOU 2

Le bocou 1 est une nouvelle variété très productive mise au point par les chercheurs du Centre National de Recherche Agronomique de Côte d'Ivoire. Cette variété qui produit en moyenne 30 tonnes à l'hectare vient donner un nouveau souffle à l'agriculture ivoirienne

CENTRE NATIONAL DE RECHERCHE AGRONOMIQUE



Expérience de la Côte d’Ivoire sur les plateformes d’innovation
Information et connaissance pour la Sécurité Alimentaire
6ème Semaine Africaine des Sciences Agricole et Assemblée générale du FARA à
15-20 juillet 2013, Accra, Ghana
1. Organisation des IPTA
Quatre (4) plateformes DONATA ont été mises en place de 2008 à 2012 et définies comme suit : (i) plateforme de production de nouvelles variétés améliorées de manioc à Dabou, (ii) plateforme de production de nouvelles variétés améliorées de manioc à Bouaké, (iii) plateforme de transformation-commercialisation des produits (attiéké, placali) des nouvelles variétés améliorées de manioc à Man et (iv) plateforme de production de nouvelles variétés améliorées de manioc à Adzopé. Toutefois, chaque plateforme englobe tous les acteurs impliqués dans la culture du manioc. Les rôles des acteurs ont été définis de façon participative (tableau 1). Les plateformes RAILS ont été installées dans les régions d’Abidjan, Bouaké, Man et Gagnoa (tableau 2).
Chaque plateforme est structurée en 3 organes (Assemblée générale, Bureau exécutif, Comité consultatif), voire un 4e organe qui est le Commissariat aux comptes. Le Bureau exécutif est constitué de membres choisis parmi les producteurs, transformateurs et commerçants. Le Comité consultatif est composé des acteurs indirects (tous les acteurs sauf producteurs, transformateurs et commerçants).
L’adhésion à une plateforme se fait par association, groupement ou coopérative selon les statuts et règlement intérieur établis au sein de chaque plateforme. Des réunions trimestrielles sont tenues avec l’ensemble des acteurs membres. Au cours de ces rencontres, chaque acteur représentant son  association ou sa structure, rend compte de ses activités menées au cours de la période. Les problèmes rencontrés sont discutés et des solutions sont proposées de manière participative.
Tableau 1 : Types d’acteurs et leurs rôles dans les IPTA DONATA
Acteurs
Rôles
Producteurs  (groupements)
Assurer la production du manioc, s’organiser en coopératives
Transformateurs (ACTMCI, COODEFYAD, etc.)
Transformer le manioc frais
Commerçants (BVP, FENACOVICI, etc.)
Acheter le manioc frais et les produits du manioc
Transporteurs (syndicats de transports)
Faciliter l’évacuation des productions
Microfinance (FLEC, BROMALAH, etc.)
Faciliter l’accès au crédit
Chambre des metiers
Mettre à disposition l’outillage et des unités de transformation adaptés
Santé
Organiser des campagnes portant sur les mesures d’hygiène
Développement (ANADER, OIC-CI, FDFP)
Apporter un appui-conseil, former aux bonnes pratiques, assurer le suivi des activités, élaborer des fiches techniques, veiller au bon fonctionnement des plateformes
Recherche (CNRA, I2T)

Contribuer au transfert des technologies, former les agents de développement, mettre à disposition des mini-unités de transformation, élaborer des fiches techniques, assurer la coordination du projet
Média (Media+, Man FM, KANIEN-FM)
Assurer la couverture médiatique et diffuser l’information
Autorité administrative locale et coutumière (Préfet, Sous-Préfet, DR/DD Agriculture, élus locaux, Chefs coutumiers)
Négocier des financements et des terres cultivables, faciliter l’accès aux zones de production


Tableau 2 : Type d’acteurs pour la facilitation RAILS
Type d’acteurs
Domaine
CNRA : Centre National de Recherche Agronomique
Recherche agricole
ANADER : Agence Nationale d’Appui au Développement Rural                                      
Vulgarisation et appui au développement
AISA : Association Ivoirienne des Sciences Agronomiques
Association scientifique/appui au développement
ANOPACI : Association nationale des organisations professionnelles agricoles de Côte d’Ivoire   
Relai vers les producteurs
FIRCA : Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles       
Financement de la recherche et du développement
UAA : Université Abobo-Adjamé     
Enseignement supérieur et recherche
RTI : Radio-Télévision Ivoirienne   
Diffusion des informations et promotion
MINAGRI et MERS (Ministères Agriculture et Recherche Scientifique)                                     
Décideurs politiques
ONEF : Organisation Nationale pour l’Enfant, la Femme et la Famille (ONG)
Sensibilisation et aide
ACTMCI : Association des Commerçants pour la Transformation du Manioc en Côte d’Ivoire
Transformation du manioc


2. Facilitation des acteurs des IPTA
La facilitation des structures de recherche et de développement telles que le CNRA, l’ANADER et l’OIC-CI avec plusieurs années d’expériences, a permis de faire une bonne sensibilisation des acteurs dont la majorité s’est appropriée le Projet. Les nouvelles technologies à base de manioc et l’outil eRAILS proposés ont été éprouvés de manière participative et ont été appréciés par les acteurs puisqu’ils constituent une solution réelle à la production du manioc.
Les IPTA sont facilitées à travers les tests de démonstration des nouvelles variétés de manioc, les formations, la sensibilisation, les réunions périodiques, les journées agricoles, l’encadrement, les dons de petits matériels agricoles, l’interaction et les relations établies entre les acteurs.

3. Partage de l'information et de la connaissance au sein des IPTA
Au cours des réunions trimestrielles des plateformes et des visites,  les problèmes tels que la production, le transport, la transformation, l’accès au crédit et la commercialisation sont débattus et des résolutions sont prises. L’organisation des producteurs et des transformateurs en groupements formels est un long processus qui a démarré avec la constitution de groupements souvent informels. Elle permettra de mieux véhiculer l’information et la connaissance au sein de ces acteurs membres des IPTA.
Les outils utilisés pour faciliter les échanges sont : réunions périodiques, rapports d’activités, média (radios locales,  presse écrite, TV), eRAILS, films audio-visuels, téléphone, emails, dgroups.

4. Apprentissage dans les IPTA
L’apprentissage se fait à travers le partage de connaissances au cours des réunions, des visites et des ateliers. Il passe aussi par les formations. Celles-ci ont porté sur les bonnes pratiques agricoles (technique de multiplication rapide du manioc par recépage, itinéraire technique du manioc), les normes de certification des boutures, les outils de vulgarisation, le mode de fixation des prix, l’esprit d’entreprenariat et l’outil eRails. Les bénéficiaires ont été les membres des plateformes, en particulier, les agents de développement et les producteurs.

5. Facilitation de l’apprentissage entre les membres par l’équipe de facilitateurs
Le CNRA, qui est la structure coordonnatrice locale, signe des contrats et avenants de service avec les partenaires locaux, principalement avec l’ANADER et l’OIC-CI. Sur la base des relations de partenariats et du programme de travail et du budget annuel (PTBA), l’équipe de facilitateurs organise l’apprentissage entre les membres à travers la sensibilisation, les réunions, les formations, les journées agricoles, les visites et l’organisation des membres en groupements. La facilitation par l’ANADER est quasi-permanente car toutes les plateformes locales sont dans ses Zones délocalisées. Le CNRA contribue aussi à la sensibilisation, aux visites et à l’organisation des formations et des journées agricoles dans les zones géographiques des plateformes.

6. Articulation entre RAILS et DONATA
Les plateformes Rails renforcent les plateformes DONATA au niveau de la diffusion de l’information et du partage des connaissances dans le domaine agricole. La plateforme d’Abidjan couvre aussi les plateformes DONATA de Dabou et d’Adzopé. Il en est de même pour les plateformes de Bouaké et de Man.
Les Points focaux locaux Rails et Donata sont des agents du CNRA. Ils élaborent les PTBA Rails et Donata en collaboration étroite. Certains équipements acquis sur Rails (netbooks et appareils photonumériques) ont été mis à la disposition du Point focal et d’autres facilitateurs de Donata. Les deux Points focaux participent conjointement à des activités organisées par l’une ou l’autre composante. Les données générées par Donata et collectées ainsi que les rapports de missions sont mis en lignes sur le portail eRails. Les membres des IPTA ont été formés à l’outil eRails ; ce qui pourrait faciliter l’accès aux données en ligne.

7. Résolution des contraintes et défis rencontrés 
7.1. Contraintes et défis rencontrés
·         Retard de décaissements de fonds par le CORAF pour le compte de DONATA et à un niveau inférieur au PTBA 
·         Difficile mise en œuvre des activités prévues de DONATA due au retard de financement
·         Absence d’achat d’équipements (agricoles et motorisés de transformation) sur le Projet
·         Absence d’autonomie financière des plateformes
·         Pression foncière observée dans les régions sud et centre
·         Inorganisation des producteurs et des transformateurs
·         Insuffisance d’équipements de transformation
·         Prix de vente des produits très fluctuants
·         Absence de contrats formels entre les acteurs
·         Tracasserie routières (rackets, insécurité, etc.) et mauvais état des routes
·         Non accès de tous les acteurs à la diffusion de messages
7.2. Résolution en cours
·         Préfinancement par le CNRA
·         Mobilisation de fonds propres par des cotisations des membres des IPTA (très limitée)
·         Promotion des variétés de manioc à haut rendement
·         Organisation des producteurs et les transformateurs en groupements informels pour aboutir aux groupements formels
·         Connaissance mutuelle des acteurs impliqués dans les circuits de production, de transformation et de commercialisation du manioc et la microfinance
·         Existence de marchés potentiels tels que la section de la FENACOVICI et l’ACTMCI, deux organisations membres des plateformes
·         Collecte et mise en ligne des informations agricoles sur eRails,
·         Sensibilisation par les média
·         Légalisation des plateformes
·         Sensibilisation des acteurs à établir des contrats formels entre eux
·         Implication des autorités administratives, politiques et coutumières locales
·         Formation des membres
8. Contribution de RAILS et DONATA à mettre l’information au profit de la recherche agricole pour le développement  
Les activités de DONATA génèrent les informations sur le terrain qui sont collectées et mises à la disposition de RAILS. Celui-ci les met en ligne sur le portail eRAILS en vue d’en faire une large diffusion. Le RAILS participe aux activités de DONATA (journée agricole, visite des champs, formation, etc.) et rend compte sur le portail eRAILS pour partager les informations avec la recherche, le développement et tout autre acteur du monde rural. En outre, RAILS aide d’autres structures agricoles à avoir des comptes sur le portail et des liens sont insérés pour faciliter le partage de l’information agricole.

9. Principaux résultats issus de RAILS et DONATA                      
·         Implication des autorités locales aux activités des plateformes
·         Mise en place et formalisation des plateformes
·         Existence de marchés crédibles (local et sous régional)
·         Confiance et respect mutuels des intérêts des acteurs en bonne voie, surtout entre producteurs et commerçants
·         Prises de décisions d’un commun accord lors des réunions des plateformes
·         Renforcement des capacités des acteurs sur les bonnes pratiques agricoles à base de manioc, le mode de fixation des prix, l’esprit d’entreprenariat et la recherche d’information agricole par eRails
·         Diffusion des technologies et des acquis du Projet par les média (presse écrite, radio, TV)
·         Collecte et mise en ligne des informations agricoles par RAILS (www.erails.net)
·         Circulation et partage d’information entre les acteurs
·         IPTA, outil essentiel pour la promotion et la diffusion de technologies à base de manioc
·         IPTA, symbôle d’une grosse entreprise dans laquelle les décideurs (administrateurs) et les administrés échangent et discutent des conditions de sécurisation de leurs intérêts mutuels de façon participative
·         Très forte demande des boutures des variétés améliorées à haut rendement
·         Appui du projet WAAPP à la production et à la distribution en masse des boutures des nouvelles variétés de manioc dans toutes les régions du pays.
·         Appui du projet WAAP au renforcement des plateformes locales créées dans le cadre de Donata/Rails sur le manioc et à la création d’autres plateformes sur la banane plantain.

Contributions faites par :
N’Zué B., Bouan B., Dibi K.E.B., Kouakou A.M., Djédji C., Kouassi K.F., Diomandé K. et Zohouri G. P.
CNRA, www.cnra.ci, Côte d’Ivoire


Direction Régionale de Bouaké
Station de Recherche sur les Cultures Vivrières
01 BP 633 Bouaké
Côte d’Ivoire
www.cnra.ci

  
Rapport d’activités 1er et 2e trimestres 2014



PSTAD/ DONATA

Diffusion de Nouvelles Technologies Agricoles en Afrique
  
N’Zué B., Dibi K.E.B., Kouakou A.M., Essis B. S., Kouassi K.F. et Zohouri G. P.
CNRA, www.cnra.ci, Côte d’Ivoire                                   

juillet 2014


Introduction
Le manioc occupe le deuxième rang des cultures vivrières après l'igname en Côte d’Ivoire, avec une production annuelle estimée à 2,36 millions de tonnes (FAO, 2013). Il constitue à la fois une culture de subsistance et de rente pour les producteurs.
Cependant, les producteurs rencontrent de nombreuses contraintes parmi lesquelles, la non intensification des cultures, la difficulté d’approvisionnement en matériel de plantation, la forte pression foncière, l'incidence des maladies (viroses, anthracnose, pourritures racinaires, etc.) et des ravageurs (acariens, cochenilles, termites, etc.), les pertes post récolte et la mauvaise organisation de la commercialisation.
Pourtant la recherche a mis au point des innovations technologiques, telles que les variétés améliorées, les techniques culturales, les techniques de multiplication rapide du manioc, les techniques de transformation et de conservation. Ces innovations connaissent une diffusion limitée et parfois restent inconnues des services de développement, des producteurs et des transformateurs. Le financement insuffisant et l’absence de mécanisme de diffusion des innovations impliquant l’Etat, la recherche, le développement, les ONG, les groupements de producteurs et de manufacturiers sont les principales causes de ce blocage.
En vue de contribuer à l’accroissement de la production et des revenus des opérateurs de la filière manioc en Côte d’Ivoire, le projet DONATA, financé par la BAD et exécuté par le FARA et le CORAF pour la partie Afrique de l’Ouest et du Centre, est basé sur le transfert de technologies à base de manioc, la création et la dynamisation de plateformes entre les principaux acteurs de ce secteur agricole. Le CNRA est chargé, en collaboration avec l’ANADER, l’OIC-CI et d’autres partenaires nationaux, de l’exécution dudit Projet. Celui-ci a démarré en 2008 en Côte d’Ivoire. Le projet WAAPP, coordonné en Côte d’Ivoire par le FIRCA, apporte un appui financier permettant de renforcer les capacités des plateformes locales, de production et de diffusion des nouvelles variétés de manioc. La forte demande des boutures des nouvelles variétés de manioc pourrait témoigner d’un taux élevé de leur adoption. Les fonds attendus du CORAF par le CNRA n’ont pas été mis à disposition depuis janvier 2014 si bien que les activités prévues ont été très peu exécutées.  Le présent rapport fait le point des activités exécutées depuis le démarrage du Projet tout en mettant l’accent sur la période de janvier 2014 à juin 2014.

I -Méthodologie/Approche
En mars 2013, le FIRCA coordonnateur du projet WAAPP en Côte d’Ivoire avait co-organisé, avec l’ANADER, un atelier national sur les plateformes d’innovation. Il s’agissait de capitaliser les expériences des plateformes (projet DONATA, projet APRAO, projet du Burkina Faso) afin d’élaborer un manuel de conceptualisation de l’outil plateforme pour  la génération de technologies et une meilleure diffusion de celles-ci. Le CNRA, d’autres structures nationales et la Plateforme de production de maïs du Burkina Faso furent représentés. Le manuel de conceptualisation des Plateformes d’Innovation en Côte d’Ivoire a été élaboré. L’organisation et la structuration des plateformes telles que conçues dans le cadre du projet DONATA en Côte d’Ivoire ont été les piliers du manuel. Le Bureau exécutif a été élargi à 9 membres parmi lesquels un Président élu, deux Vice-présidents  et un Trésorier élu et un Trésorier adjoint. Le FICRA, à travers le projet WAAPP, renforce les activités des Plateformes d’innovation de production du manioc à Bouaké, Dabou et Adzopé.
  
1.1. Acteurs des Plateformes d’innovation (PI) et leurs rôles (tableau 1)
Tableau 1 : Types d’acteurs et leurs rôles dans les PI 
Acteurs
Rôles
Producteurs 
(Groupements Ligobla, Nonyadongui, Kwadi, Wonzopié, GFPM Djébonouan, GFPM Bamorro, CFCE B, BOKAMIN, ..)
Assurer la production du manioc, s’organiser en coopératives
Transformateurs
(UCVB, Dabou Moun, COODEFYAD, ACTMCI, …)
Transformer le manioc produit
Commerçants
(FENACOVICI, PARI Sud, ...)
Acheter le manioc frais et les produits du manioc
Transporteurs
(SNTCI Adzopé, Syndicats transporteurs Bouaké, Man et Dabou)
Faciliter l’évacuation des productions
Microfinance
(COOPEC, FLEC, BROMALAH, ... )
Faciliter l’accès au crédit
Chambre des metiers
Mettre à disposition l’outillage et des unités de transformation adaptés
Santé
Organiser des campagnes portant sur les mesures d’hygiène
Développement
(ANADER, OIC-CI, BVP, OCPV, FDFP, …)
Apporter un appui-conseil, former aux bonnes pratiques, assurer le suivi des activités, élaborer des fiches techniques, veiller au bon fonctionnement des plateformes
Recherche
(CNRA, I2T)
Contribuer au transfert des technologies, former les agents de développement, mettre à disposition des mini-unités de transformation, élaborer des fiches techniques, assurer la coordination du projet
Média
(Nord Sud, KANIEN-FM, Man FM, ...)
Assurer la couverture médiatique et diffuser l’information
Autorité administrative locale et coutumière (Préfet, Conseil régional, Mairie, DR Agric., Chefs de villages, …)
Négocier des financements et des terres cultivables, faciliter l’accès aux zones de production

1.2. Technologies/meilleures pratiques en cours de promotion/diffusion
·         Variétés améliorées de manioc (Bocou1, Bocou2, TMS4(2)1425, Bocou3)
·         Technique de multiplication rapide du manioc par recépage
·         Transformation du manioc en pâte conditionnée dans des sacs et vendue facilement localement et à des acheteurs venant des pays voisins
1.3.  Nombre de points d’entrée, nombre et fonctionnement des PI
La définition de point d’entrée est basée sur la contrainte majeure d’une région donnée. Cette contrainte est déterminée par les acteurs directs de la culture de manioc lors d’un atelier national organisé en juin 2011. Ainsi, les deux points d’entrée sont : (i) la production de variétés améliorées de manioc pour les régions de Dabou, de Bouaké et d’Adzopé, (ii) la transformation et la commercialisation des variétés améliorées de manioc pour la région de Man.
La Plateforme d’innovation d’une des régions citées est mise en place ou restructurée sur la base du point d’entrée. L’on a au total 4 plateformes définies comme suit : (i) plateforme de production de nouvelles variétés améliorées de manioc à Dabou, (ii) plateforme de production de nouvelles variétés améliorées de manioc à Bouaké, (iii) plateforme de transformation-commercialisation des produits (attiéké, placali) des nouvelles variétés améliorées de manioc à Man et (iv) plateforme de production de nouvelles variétés améliorées de manioc à Adzopé. Toutefois, chaque plateforme englobe tous les acteurs impliqués dans la culture du manioc.
Chaque plateforme est structurée en 4 organes (Assemblée générale, Bureau exécutif, Comité consultatif, Commissariat aux comptes). Le Bureau exécutif est constitué de membres choisis parmi les producteurs, les transformateurs, les commerçants et les transporteurs. Le Comité consultatif est composé des acteurs indirects (tous les acteurs sauf producteurs, transformateurs, commerçants et transporteurs).
L’adhésion à une plateforme se fait par groupement, association ou coopérative selon les statuts et règlement intérieur établis au sein de chaque plateforme. Des réunions trimestrielles ou Assemblées générales ordinaires sont tenues avec l’ensemble des acteurs membres. Au cours de ces rencontres, l’un des deux acteurs représentant une association ou une structure, rend compte de leurs activités menées au cours de la période. Les problèmes rencontrés sont discutés et des solutions sont proposées de manière participative.
1.4. Facilitation des PI
Les PI sont facilitées à travers les formations, la sensibilisation, les réunions périodiques, les ateliers, les journées agricoles, l’encadrement, les dons de petits matériels agricoles, l’interaction et les relations établies entre les acteurs. Les facilitateurs sont le CNRA et l’ANADER. La facilitation est devenue à cause du manque de financement.
1.5. Outils d’information et de communication utilisés
Les outils utilisés sont : réunions périodiques, rapports d’activités, média (radios locales et nationale,  presse écrite, TV), eRAILS, films audio-visuels, téléphone, emails, courriers, microordinateurs. Depuis le 3e trimestre 2012, le coordonnateur local de  la composante DONATA dispose d’un netbook et d’un appareil photonumérique offerts par la composante RAILS.
Les outils de collecte de données sont basés sur les fiches de réception de boutures, les exploitants encadrés et l’identification d’exploitants cultivant les nouvelles variétés.
1.6. Formations réalisées
L’ANADER, à travers le projet WAAPP, a organisé, d’août à décembre 2013,  des ateliers sur l’analyse des chaînes de valeurs du manioc à Dabou, Adzopé et Bouaké pour renforcer les capacités des plateformes d’innovation du manioc existantes. Depuis 2012, d’autres formations réalisées ont porté sur (i) les bonnes pratiques agricoles (technique de multiplication rapide du manioc par recépage, itinéraire technique du manioc), (ii) les normes de certification des boutures, (iii) les outils de vulgarisation, le mode de fixation des prix et l’entreprenariat, et (iv) la restitution de la formation sur ‘’Renforcement de capacité des acteurs sur la plateforme d’innovation basée sur l’approche chaîne de valeur’’ tenue au Burkina Faso. Les formations concernent les acteurs directs et indirects des plateformes. Au total, plus 2 000 personnes (45 % d’hommes et 55 % de femmes) ont bénéficié des différentes formations depuis le démarrage du Projet. En outre, un agent du CNRA avait pu obtenir son diplôme de Master2 en janvier 2012 grâce à une bourse d’étude octroyée par le CORAF. Une étudiante de l’Université d’Ouagadougou (Burkina Faso) a réalisé un stage pratique sur la plateforme manioc de Dabou qui a été couronné par l’obtention d’un diplôme de Master2 en juin 2013.
1.7. Questions relatives au genre
Parmi les quatre plateformes locales, trois sont dirigées par des femmes productrices et transformatrices. Les groupements membres de la plateforme avec un effectif total de 884 acteurs sont à environ 64 % constitués de femmes. La transformation et la commercialisation du manioc sont assurées à plus de 80 % par les femmes. Les PI s’emploient à assurer un revenu régulier aux femmes qui sont les principales actrices de la filière manioc en œuvrant à l’accroissement des rendements et à leur accès au crédit. 
1.8. Impacts environnementaux, sociaux et /ou économiques
·         Impacts sociaux : les PI contribuent au renforcement de la cohésion sociale entre les membres après la méfiance survenue surtout lors des crises de 2002 à 2011.
·         Impacts économiques : la résolution des problèmes de commercialisation et la culture des nouvelles variétés à haut rendement contribuent à l’accroissement des revenus des acteurs intervenant dans l’exploitation du manioc ; par exemple les producteurs par le bais de la plateforme écoulent facilement leurs productions à des prix rémunérateurs (racines tubéreuses vendues entre 35 et 40 f/kg bord champ auprès des commerçants et transformateurs de la plateforme) ; des opportunités d’affaires sont aussi partagées (vente des produits dérivés du manioc, commandes d’équipements de transformation, etc.).
·         Impacts environnementaux : la culture des nouvelles variétés permet d’obtenir de bonnes productions sur des superficies réduites, ce qui signifie que les mêmes niveaux de production peuvent être atteints avec une superficie moindre ; cette situation pourrait diminuer les problèmes de pression foncière ; en outre, l’utilisation des pesticides étant rare chez le manioc, la pollution hydrique et ambiante est fortement réduite.

II – Résultats et discussion
2.1. Processus de Plateformes d’innovation (PI) ayant connu un succès
Les phases ayant connu un succès sont : création (mise en place) des PI, transfert de technologies (nouvelles variétés de manioc et technique de multiplication rapide du manioc par recépage), organisation des producteurs en groupements informels puis formels, animation des PI, formations. Les données générées par la mise en place et le fonctionnement des plateformes ainsi que la diffusion des variétés améliorées sont consignées dans le tableau 2. La Plateforme de Bouaké est la mieux structurée et son appropriation par les acteurs directs est un véritable succès.
L’implication des structures de recherche et de développement telles que le CNRA, l’ANADER et l’OIC-CI, avec plusieurs années d’expériences, a permis de faire une bonne sensibilisation des acteurs dont la majorité s’est appropriée le Projet. Les nouvelles technologies proposées ont été éprouvées de manière participative et ont été appréciées par les acteurs puisqu’elles constituent une solution réelle à la production du manioc. L’approche ‘’plateformes’’ est prometteuse pour les acteurs car les problèmes tels que la production, le transport, la transformation, l’accès au crédit et la commercialisation sont débattus et des résolutions sont prises. L’organisation des producteurs en groupements formels est un long processus qui a démarré avec la constitution de groupements souvent informels.
Tableau 2 : Evolution des plateformes et de la diffusion des variétés améliorées de manioc dans 4 régions (Sud, Ouest, Centre et Sud-est) de la Côte d’Ivoire
Année
Nombre de plateformes
Effectif des plateformes
Bénéficiaires des nouvelles variétés
Bénéficiaires de formations
Superficie emblavée1
Nombre de villages bénéficiaires1
2008
2
120 (43♂ et 77♀)
85 (35♂ et 45♀)
0
0,4 ha
2
2009
3
158 (52♂ et 106♀)
234 (110♂ et 124♀)
16 (13♂ et 3♀)
1,2 ha
3
2010
3
111 (39♂ et 72♀)
575 (287♂ et 288♀)
84 (25♂ et 59♀)
5,15 ha
18
2011
3
124 (59♂ et 65♀)
1240 (496♂ et 744♀)
26 (12♂  et 14♀)
19,7 ha
40
2012
4
305 (152♂ et 153♀)
2430 (852 ♂ et 1578 ♀)
114 (48♂ et 66♀)
105 ha
137
2013

4
768 (270 ♂ et 498 ♀)
4250 (1275 ♂ et 2975 ♀)
1986 (990♂ et 996♀)
445 ha
242
Juin 2014
4
884 (322 ♂ et 562 ♀)
5976 (2390 ♂ et 3586 ♀)
1986 (990♂ et 996♀)
611 ha
258
1 Les données prennent seulement en compte les régions de Dabou, Man, Bouaké et Adzopé couvertes par l’ANADER, l’OIC-CI et le CNRA. Plusieurs autres localités sont bénéficiaires des nouvelles variétés de manioc.  
  2.2. Diffusion des nouvelles variétés de manioc et transformation du manioc
Le projet WAAPP, financé par la Banque mondiale et exécuté en Côte d’Ivoire par le FIRCA, appuie aussi la production de boutures des nouvelles variétés et leur distribution à grande échelle afin de satisfaire à la forte demande.
Les nouvelles variétés de manioc sont en cours de diffusion dans toutes les régions de production du manioc de la Côte d’Ivoire après le test d’adoption réalisé dans les régions de Dabou, Man, Bouaké et d’Adzopé. Actuellement, 258 villages sont bénéficiaires des nouvelles variétés pour une superficie recensée de 611 ha (fig. 1 et 2), soit une quantité d’environ 6,110 millions de boutures. Le nombre de villages et les superficies emblavées pourraient être sous-estimés dans la mesure où les données relatives à la diffusion de producteur à producteur ne sont pas toutes comptabilisées ici.

Fig. 2. Nombre de villages cultivant les nouvelles variétés de manioc par région cible de 2010 à juin 2014




Plus de 5 976 producteurs dont 60 % de femmes et 40 % d’hommes cultivent au moins une des nouvelles variétés de manioc. L’ordre de préférence des producteurs est : Bocou1, TMS4(2)1425, Bocou2 et Bocou3. Concernant le matériel végétal, la variété Bocou1 occupe plus de 80 % des surfaces emblavées, puis suivent la variété TMS4(2)1425 (10 %), Bocou2 (6 %) et Bocou3 (4 %). Ces différentes proportions s’expliquent par le fait que la variété Bocou1 est à la fois appréciée et dispose d’un potentiel de production de boutures plus important que les trois autres variétés. La variété TMS4(2)1425, quoiqu’appréciée, a un faible taux de multiplication. Les champs sont individuels et communautaires.
Le prix de vente des boutures par les producteurs varie entre 50 000 FCFA et 100 000 FCFA pour couvrir un hectare. En valeur marchande, les recettes sur les boutures pourraient être évaluées entre  15 275 000 FCFA et 30 550 000 FCA pour une proportion de 50 % des boutures vendues. La production estimée par région avec un rendement moyen de 25 t/ha est comme suit : 6 875 tonnes (Dabou), 5 450 tonnes (Man), 2 125 tonnes et 825 tonnes (Adzopé), soit un total de 15 275 tonnes.
Au niveau de la transformation du manioc d’une manière générale, il y a la transformation ménagère et la transformation semi-industrielle. Au niveau du ménage, la quasi-totalité des femmes productrices transforment le manioc en mets locaux tels que le foutou, l’attiéké, le placali et le toh. Au niveau semi-industriel, la transformation se fait par des groupements qui ont recours souvent à une broyeuse électrique. Les produits concernés (attiéké et pâte de manioc destinée à la fabrication d’attiéké ou de placali) sont commercialisés. Le prix de vente du sac de pâte de manioc, qui était inférieur à 6 000 FCFA, a été revu à la hausse et peut atteindre 12 000 FCFA. Les données quantitatives sur le volume de produits commercialisé seront collectées ultérieurement.

2.3. Rendements, produits, services et situation avant l’installation des PI
Les rendements moyens obtenus sont d’environ 25 à 30 t/ha pour les quatre variétés améliorées comparés à ceux des variétés traditionnelles témoins (15 à 20 t/ha) à l’issue des tests de démonstration. Dans le Département de Man, les rendements moyens obtenus ont varié entre 16 et 23 t/ha en 2013 contre 25 à 30 t/ha en 2012. Cette chute s’explique par une récolte tardive (18 mois après plantation) en 2012 ; le recépage et le cycle pluvial pouvant être les facteurs explicatifs à ce retard. Cette récolte tardive a engendré des pourritures racinaires. La culture du manioc, qui était plus ou moins marginalisée par manque de débouchés dans certaines régions comme Man, prend de plus en plus de l’importance auprès des producteurs qui découvrent de nouvelles variétés diffusées et des débouchés potentiels. Les superficies moyennes des variétés locales étaient de 0,5 ha et le rendement moyen tournait autour de 12 t/ha.
Pour le moment, la production des nouvelles variétés de manioc diffusées est croissante ; elle est largement autoconsommée et commercialisée localement. Les données quantitatives sur la commercialisation et la consommation ne sont pas encore disponibles.
En général, l’attiéké et la pâte de manioc issus de transformation sont vendus localement et dans les grands centres commerciaux tels que Bouaké et Abidjan. Quelques fois, les commerçants exportent des produits du manioc en Europe et dans la sous-région (Burkina Faso, Niger, Mali, Guinée, Libéria). Le type de transport se fait dans des camions-remorques d’au moins 10 t, par train, par bateau ou par avion. Il se développe ainsi un agrobusiness autour de la culture du manioc en Côte d’Ivoire. Dans l’ensemble, ces différents flux commerciaux méritent d’être chiffrés. Les débouchés existent donc. Avec la création des plateformes locales, les problèmes de commercialisation et de production du manioc impliquant les nouvelles variétés seront progressivement résolus. L’organisation de la filière manioc est possible et elle découlera du dynamisme des plateformes existantes et d’autres efforts que chaque type d’acteur sera amené à consentir.
2.4. Compétences et changements d’attitudes des acteurs
Les producteurs membres des plateformes sont en train d’acquérir de la compétence à travers des formations sur les techniques de production et du mode de fixation des prix de leurs produits. D’autre part, les exposés des acteurs, spécialistes dans les plateformes, renforcent les connaissances des acteurs directs (producteurs, commerçants, transformateurs) sur l’existence de technologies améliorées pour la production de l’attiéké et sur les conditions d’éligibilité au financement par les micro-finances et leurs procédures.
Des changements d’attitudes sont constatés à plusieurs niveaux. Ainsi, au niveau des transporteurs et des producteurs, après les différents échanges lors des réunions de plateformes, les transporteurs qui refusaient le transport bord champ du manioc à cause du mauvais état des routes qui ne leur était pas signalé, ont trouvé un terrain d’entente avec les autres acteurs concernés afin de lever cette contrainte. Les producteurs, les transformateurs et les commerçants n’ont plus d’énormes soucis pour écouler, disposer de racines tubéreuses et acheter leurs produits. Chacun cultive le réflexe de poser son problème à la plateforme et d’y trouver une solution éventuelle.
Cependant, la forte production attendue au cours des prochaines années nécessite l’intervention de l’Etat qui devra promouvoir les produits industriels tels que l’amidon et la farine du manioc pour que les débouchés soient le large possible. La production du manioc pourra être alors durable, croissante et rentable pour les utilisateurs.
2.5. Revenus, moyens de subsistance ou bien-être des acteurs
Grâce à la diffusion des nouvelles variétés, les producteurs affirment que leurs revenus sont améliorés avec les rendements élevés des nouvelles variétés et la vente des tiges issues de ces variétés. Le prix de vente du sac de pâte de manioc, qui était inférieur à 6 000 FCFA, a été revu à la hausse et peut atteindre 12 000 FCFA. Le prix de vente des boutures par les producteurs varie entre 50 000 FCFA et 100 000 FCFA pour couvrir un hectare. Pour les anciennes variétés, la vente des boutures est rare. Avec la rareté des terres cultivables, les nouvelles variétés productives peuvent contribuer à l’autosuffisance alimentaire des producteurs. Le surplus de production pourra constituer aussi une bonne matière première aux transformateurs. Ceux-ci mettront sur le marché des produits dérivés que les consommateurs pourront acquérir.  
2.6. Effet du genre dans les PI
Les groupements de femmes ont été ciblés pour la création des nouveaux champs de manioc. Une proportion de 60 % de femmes est impliquée dans la production et plus de 80 % de femmes sont impliquées sont la transformation et la commercialisation des produits du manioc. Toutefois avec la rentabilité de la culture des nouvelles variétés observée, surtout dans la région sud, les hommes ont tendance à s’adonner aussi à cette denrée.
2.7. Tendances dans les données et informations clés d’un rapport trimestriel à un autre et d’un rapport annuel à un autre
Les tendances et informations clés portent sur les nouvelles variétés de manioc (superficies, nombre de villages bénéficiaires, rentabilité commerciale), sur la formation et sur le fonctionnement des plateformes locales. Toutes les données ne sont pas encore collectées.
2.8. Perspectives de renforcement des PI par le projet WAAPP
Le FIRCA, l’ANADER et le CNRA, à travers le projet WAAPP, ont accru la capacité de la production et de la diffusion des nouvelles variétés de manioc dans toutes les zones de production. Le FIRCA facilite, entre autres, le transport en mettant à la disposition de l’ANADER des camions pour le transport des boutures d’une localité à une autre pour la distribution aux producteurs. Les plateformes qui ont été créées dans le cadre du projet DONATA seront renforcées.
2.9. Principales leçons apprises
·         La plateforme d’innovation est un outil essentiel pour la promotion et la diffusion de nouvelles variétés de manioc à haut rendement. En peu de temps, l’on constate une forte demande de boutures des nouvelles variétés et leur culture sur tout le territoire national. 
·         La plateforme d’innovation est le symbole d’une ‘’grosse entreprise’’ dans laquelle les décideurs (administrateurs) et les administrés échangent et discutent des conditions de sécurisation de leurs intérêts mutuels de façon participative. Les problèmes de ‘’l’entreprise’’ sont débattus et des solutions sont émises par les mêmes acteurs. Ces discussions sont établies entre tous les acteurs, sans exclusive.
·         Le manque d’organisation des producteurs et des transformateurs en coopératives ou groupements formels est préjudiciable à leurs intérêts économiques. Si les producteurs et les transformateurs sont organisés, alors ils pourront être mieux représentés et jouer leurs rôles dans les plateformes.
·         La pratique de la technique de recépage du manioc en milieu paysan peut convenir à la région sud et, dans une moindre mesure, à la région centre car le calage du cycle y est relativement favorable.
·         La sensibilisation et la formation  des acteurs des plateformes sont indispensables pour mobiliser davantage et impulser le dynamisme de ces plateformes.
·          Les fonds additionnels permettent d’accroître rapidement la production de boutures de manioc en vue de satisfaire à la demande de plus en plus croissante. L’exemple du projet WAAPP financé par la Banque mondiale illustre bien ce contexte.
·         Le renforcement des plateformes locales par des financements additionnels tels que le projet WAAPP est nécessaire pour assurer leur pérennisation
·         L’autonomie financière des plateformes est encore inexistante ; il est nécessaire que le Projet continue à apporter un appui financier conséquent et sécurisé.
·         La pérennisation et la dynamisation des plateformes locales peuvent concourir à l’avènement d’une véritable chaîne de valeur sur le manioc en Côte d’Ivoire.   

Conclusion
Le projet DONATA a démarré en 2008 en Côte d’Ivoire et est axé sur la notion de chaîne de valeurs à travers quatre plateformes créées ainsi que sur le transfert de nouvelles variétés de manioc à haut rendement et de la technique de multiplication rapide du manioc par recépage. Les plateformes, qui sont localisées dans quatre régions, prennent en compte tous les acteurs impliqués dans l’exploitation du manioc. Elles permettront de résorber les problèmes majeurs que sont la production, la transformation et la commercialisation du manioc. Actuellement, plus de 5 500 producteurs et plus de 250 villages sont bénéficiaires des nouvelles variétés améliorées de manioc. Celles-ci ont été bien appréciées par les producteurs et par les transformateurs si bien que les surfaces cultivées et la demande de boutures sont croissantes. Parmi les variétés améliorées, Bocou1 occupe la plus grande superficie avec plus 80 % des surfaces emblavées. Les boutures des variétés TMS4(2)1425 et Bocou2 ayant un faible taux de multiplication, seront produites rapidement en grande quantité en utilisant les techniques de multiplication rapide.

Les plateformes sont en cours de consolidation afin de les rendre dynamiques et pérennes. Celle créée à Bouaké est la mieux structurée actuellement et son appropriation par les acteurs directs est réelle. L’ensemble des acteurs membres des plateformes, et surtout les producteurs et les transformateurs, éprouvent un intérêt certain. La sensibilisation et la formation renforceront progressivement leur conviction et pourront leur permettre d’améliorer leurs revenus. L’appui en équipements de transformation et en matériels agricoles aux transformateurs et producteurs demeure une nécessité toujours exprimée par ces acteurs. La composante eRails est un atout complémentaire qui permet aux producteurs, transformateurs et commerçants de mieux se faire connaître et d’écouler aisément des produits du manioc.